L’argumentaire de la semaine 50

La montagne de la réforme des retraites accouche d’une souris

Après deux ans et demi de pseudo-concertations et sept jours de blocages, Edouard Philippe s’est exprimé, ce mercredi 11 décembre, devant le Conseil économique, social et environnemental pour présenter le contenu de la réforme des retraites. Et sans surprise, la montagne accouche d’une souris.

• La mise en œuvre de la réforme est repoussée aux calendes grecques puisqu’elle ne produira ses premiers effets qu’à l’horizon 2040. Et il n’y a toujours pas de calendrier de sortie des régimes spéciaux (qui ne produirait ses premiers effets qu’à l’horizon 2050…).

• Droits familiaux, pénibilité, augmentation de la rémunération des enseignants, retraite minimale : les mesures de compensation annoncées ne sont absolument pas financées et conduiront inévitablement à une hausse des impôts.

• Aucune des mesures annoncées par le Premier ministre ne permettra de combler le déficit croissant du système de retraites (de l’ordre de 10 milliards d’euros en 2025 selon le Conseil d’orientation des retraites). En n’ayant pas le courage de repousser l’âge légal de départ à la retraite, le gouvernement n’aura d’autres choix à terme que d’augmenter les cotisations ou de baisser les pensions.

Nos propositions :

Nous sommes les seuls à avoir réformé le système de retraites en 1993, 2003 et 2010, et nous avons des propositions claires.

Préserver le pouvoir d’achat des retraités : refuser toute hausse des cotisations ou toute baisse des pensions. L’âge de départ à la retraite doit passer de 62 à 64 ans, puis être progressivement aligné sur la hausse constatée de l’espérance de vie, tout en tenant compte de la pénibilité de certaines carrières ;

Mettre fin aux régimes spéciaux et fixer un calendrier de sortie ;

Sanctuariser les acquis de la politique familiale concernant les droits familiaux et conjugaux, qui sont des piliers de notre système de retraite ;

Aligner les règles public / privé ;

Préserver l’indépendance des caisses de retraites autonomes des organismes qui ont été de bons gestionnaires, et qui ont dégagé des excédents sans faire appel aux contribuables ;

Garantir les pensions de réversion des veuves et des veufs.

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