Crise Agricole

Emmanuel Macron ne prend pas la mesure de la crise agricole

Emmanuel Macron ne prend pas la mesure de la crise agricole que nous traversons

Emmanuel Macron sera présent ce samedi 22 février à l’ouverture du salon de l’Agriculture. Il reviendra du sommet européen sur le budget de l’UE (2021-2027).

Le futur budget de l’UE devra se passer de la contribution du Royaume-Uni (entre 60 et 75 milliards d’euros sur 7 ans) qui en était le deuxième contributeur après l’Allemagne. Les 27 pays membres vont devoir s’entendre sur le niveau du budget, de l’ordre de 1 000Mds€ et sur sa ventilation.

Dans le projet préparé par le président du Conseil européen Charles Michel, le budget de la PAC est en baisse de près de 60Mds€ par rapport à celui de la période qui se termine en 2020.

Emmanuel Macron doit prendre la mesure de la crise que traverse l’agriculture française. Selon la Mutualité sociale agricole, 1 agriculteur sur 3 a un revenu mensuel inférieur à 350 € par mois. Les agriculteurs ne demandent pas des primes, mais de vivre dignement de leur travail. Il est urgent de sauver notre agriculture et de sauvegarder notre indépendance et notre sécurité alimentaires. Notre priorité est de maintenir et développer la production agricole en France.

Emmanuel Macron ne prend pas la mesure de la crise agricole que nous traversons ; il ne connait pas le monde rural :

Il tient depuis plusieurs années un double discours sur la baisse massive des aides européennes aux agriculteurs qui se prépare dans le prochain budget de la PAC. Le précédent commissaire européen en charge du budget avait révélé en mai 2018 que « la position française a toujours été de réduire le budget ».

Il n’a eu de cesse de défendre le CETA (qui crée une concurrence déloyale pour nos producteurs bovins, avec l’importation dans l’UE, à droits de douane nuls, de 65 000 tonnes de viande bovine nourrie aux farines animales) et a soutenu pendant plusieurs années le MERCOSUR avant de s’en détourner à la suite de querelles diplomatiques avec le président brésilien Jair Bolsonaro. Il appelait encore le 26 janvier 2018 à « finaliser rapidement » cet accord.

Il a défendu les maires/ayatollahs verts et leurs arrêtés illégaux concernant les pesticides : il a expliqué « soutenir moralement dans ses intentions » le maire d’Ille-et-Vilaine qui avait promulgué un arrêté illégal (attaqué par la préfecture) interdisant l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à moins de 150 m d’habitations dans la commune. Le gouvernement a aujourd’hui mis en place des nouvelles zones de non-traitement (ZNT) de 10m et 5m, sans proposer de compensation pour les agriculteurs qui perdent de la surface cultivable.

La loi EGALIM a été un véritable échec, comme l’a reconnu le ministre de l’Agriculture. Cette loi était censée augmenter le revenu des agriculteurs sans frapper le consommateur ; pourtant, « il n’y a pas un centime de ces négociations qui a bénéficié à nos agriculteurs, depuis la loi » expliquait Jérémy Decercle, alors président des Jeunes Agriculteurs, et désormais député européen En Marche.

Les agriculteurs indépendants ont subi en 2018 une hausse massive de charges sociales. Le gouvernement a augmenté les cotisations AMEXA pour tous les agriculteurs non-salariés gagnant plus de 720 € par mois. Pour un agriculteur qui touche 1 350 € par mois, cela représente une perte de pouvoir d’achat de 340 € par an. Comme beaucoup de Français et beaucoup d’entrepreneurs, les agriculteurs sont accablés par les impôts et les normes.

Pour la première fois depuis 1945, la France a importé en 2018 plus de produits agroalimentaires européens qu’elle n’en a vendus aux autres pays européens : les échanges de produits agroalimentaires avec l’Europe sont déficitaires de 300 M€ (INRA). Depuis 2011, nos exportations vers l’Europe stagnent, alors que nos importations ont bondi de près de 25%, pour toutes les filières (excepté les boissons).

Nos agriculteurs sont de plus en plus accusés d’être les ennemis de la bonne alimentation et du bien-être animal, et sont victimes d’« agri-bashing » et de violences. La cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole Demeter a recensé en 2019 14 498 faits de violence contre les agriculteurs (+1,5% par rapport à 2018). La France est pourtant au 3e rang mondial en matière de durabilité des pratiques agricoles (The Economist en 2018), et l’Organisation mondiale du commerce a nommé en 2019, pour la 3e année consécutive, le modèle agricole français comme étant le système de production alimentaire le plus durable au monde.

Nos propositions :

Nous avons toujours soutenu nos agriculteurs : nous proposons par exemple d’instaurer une barrière écologique aux frontières de l’Europe pour sanctionner l’importation depuis des pays qui ne respectent pas nos standards environnementaux. Il est pour le moins incohérent de surtaxer les automobilistes français et de détaxer les importations d’outre-Atlantique qui concurrencent déloyalement nos productions agricoles.

Nous défendons aussi une baisse de charges et un allègement des normes les plus absurdes qui pèsent sur nos agriculteurs, notamment en interdisant la surtransposition des directives européennes.

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